I Wanna Be a Rockstar

Posted by on 29 octobre 2014

Johnny_Hallyday_Guignols

Surtout quand j’étais petit en fait. Mon premier CD acheté, c’était « Iowa » de Slipknot. Tout un symbole.

Toute mon enfance laissait à croire que j’aurais la destinée d’une rockstar. Pour commencer, j’étais incontestablement un grand bad boy. Il m’arrivait souvent de pisser derrière mon cabanon. Pas en signe de protestation, non ça serait trop nul, mais parce que j’osais pas le faire aux pissotières. Et ça c’est rock’n’roll.

Un grand bad boy pète souvent un boulon. Un jour, sûrement énervé par le fait de pas comprendre une question de mon cahier de vacances, j’ai tiré sur ma sœur avec un pistolet à amorces. Je m’étais pas loupé. En plein dans la tête, à bout portant. Elle a crié, et moi j’ai pris un savon. Et j’avais toujours pas compris la question du cahier de vacances.

 Cowboy_Duel_Article_Humour

 

J’aimais beaucoup me déguiser, sortir de la routine. Une fois, pour le Carnaval, je me suis déguisé en Abeille.

J’ai même tenté une fugue du centre de Loisirs, avec trois de mes camarades, probablement épuisés par la cadence qui était imposée. On avait tout planifié. Au niveau de l’entrée, il y avait 4 arbres de plantés, soit assez pour cacher chacun de nous. On est allé jusque là, mais on a jamais franchit le portail. Tout ça parce que c’était l’heure du goûter et que ça, on l’avait pas du tout prévu.

Quant à ma première voiture bling-bling, elle fut à pédales, mais je tiens à préciser que je respectais les limitations de vitesse. Contrairement à un personnage cité dans Amélie Poulain, je ne suis jamais allé sur l’autoroute avec pour aller voir les étoiles. Un grand regret.

 Cène_Article_Humour

Paradoxalement, j’ai aussi toujours eu un côté « Love & Peace ». A l’époque, les pistolets à billes faisaient fureur, on y jouait de temps en temps chez les copains. Moi, j’aimais pas ça. Du coup j’en prenais plein la gueule. Je savais pas dire « Non ». Et encore moins : « C’est bon les gars, j’arrête. » Du coup je prenais encore plus cher la partie suivante. Alors je vous raconte pas quand on allait au Laser Game.. C’était comme si j’entendais : « Viens on va tirer sur le hippie, il est bon qu’à ramasser des fleurs ».

Mais ça continue aujourd’hui. Je déteste toujours autant les jeux de guerre. La dernière fois que j’ai joué à Call Of Duty en multijoueurs, j’ai fini à -2 et j’ai touché personne. Je me suis même tué en lançant une grenade contre le mur. Je crois que c’est dans les gênes. Seul John Lennon m’aurait compris.

J’étais « peace » et je mangeais du Bio. Oui, déjà à cette période je m’intéressais au développement durable et au commerce équitable. Mes goûters étaient donc Bio, et de temps en temps j’en donnais à ceux qui en voulaient. Ils avaient tous des réactions assez similaires : « Mais goûte moi ça, c’est dégeu ! ». C’était pas bon d’être anticonformiste à cette époque. Fin du moins c’est ce que disait ma maman.

 

J’avais déjà la folie des grandeurs. Je rêvais de creuser sous mon jardin pour en faire un géant City Stade. Ça s’est pas arrêté là, puisque j’ai réellement creusé, toujours derrière mon cabanon. Au bout d’un moment j’ai arrêté. On trouve vraiment de tout derrière ce cabanon.

J’étais l’homme le plus riche du monde, avec tous les bijoux que j’avais volé à ma mamie. Ils étaient en or, reluisaient et semblaient avoir énormément de valeur. De plus, j’étais persuadé qu’un trésor m’attendait en Guadeloupe. J’avais entouré précisément l’endroit sur une carte qu’une amie guadeloupéenne avait donné à ma mère et j’attendais mon heure.

Entre temps, j’étais tombé amoureux de l’héroïne d’un film façonné à la Disney. Dans un dernier élan de folie, je lui ai déclaré ma flamme en envoyant un courrier au journal Mickey Parade. Je n’ai jamais eu de retour. Même pas un sms, rien. J’ai fait mon deuil et je fais avec aujourd’hui.

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La folie des grandeurs donc, mais pourtant j’étais très maladroit dès qu’il fallait monter sur quelque chose. Avec les chevaux, c’était une catastrophe. Une simple balade en poney pouvait assez mal tourner avec moi. Comme ce fut le cas pour cette ballade en forêt dont je ne me souviens plus des détails. Sûrement troublé d’avoir vu un chevreuil, mon cheval s’était mis à faire du galop. Comme ça quoi. Et puis moi, comme je ne contrôlais rien, mais alors rien du tout, j’ai sauté. J’ai pris un arbre. Plus de mal que de peur.

Le vélo, s’il y en avait un qui tombait dans le ravin ou le ruisseau, il fallait pas chercher loin. Le ski pareil. La luge pareil. C’est quand même en faisant de la luge que j’ai réussi l’extraordinaire performance de me faire un joli bleu aux fesses en me tamponnant un canon à neige ! Pas de doute, j’étais un vrai rider de l’extrême.

 

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Je courais néanmoins plus vite que les autres, à croire que j’évitais déjà les paparazzi. Je faisais des cross également, histoire de les semer plus longtemps.

Une fois, sur un terrain gadoueux au possible, je voulus assurer mon départ en partant tel un sprinteur dans ses starting blocks. Mauvais calcul, j’ai dérapé de tout mon long sur le sol glissant. Résultat, j’ai couru toute la course couvert de boue de la tête aux pieds. Avec un grand sourire.

Mais le plus grand moment de mon histoire de sportif restera ce relais 4x100m. Allez savoir pourquoi, quelques minutes avant ma course, j’eus la très bonne idée de boire d’un trait une canette d’Orangina. Mon corps l’a très mal digéré. J’ai littéralement vomi sur moi une fois sur la piste, juste avant de recevoir le relais, ce qui ne m’a quand même pas empêché de finir la course. Si c’est pas rock ça !

Dans un tout autre genre, j’ai « pratiqué » le cirque. Un autre grand moment aussi. Au bout de deux ans, j’arrivais toujours à rien, du coup ils m’ont donné intuitivement la place du clown pour le spectacle de fin d’année. Je leur en suis extrêmement reconnaissant.

Quant au foot, cela ne m’intéressait pas. Mais alors pas du tout. On était quand même obligés, en tant que « grands des primaires », de monter une équipe pour le tournoi scolaire de fin d’année. Forcément, j’étais dans l’équipe « Bis ». Les équipes étaient nommées par leur nom d’École. Nous, on venait de l’école Jacques Brel. Le speaker a cru bon de nous appeler les « Brel ». On aura beaucoup fait rigoler les gens ce jour là.

 

 

Je n’ai jamais abandonné mon rêve, parce que finalement, on est tous des enfants. Avec du recul, ces casseroles ne sont pas pires que celles de maintenant. Restez jeune, buvez de l’Orangina, lisez Mickey Parade, c’est ça le rock.

 

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